Le commencement, des volontés individuelles

L'organisation de colonies de vacances au sein des centres d'apprentissage technique, par les directeurs, professeurs et agents de ces établissements, a constitué l'activité fondatrice de notre mouvement.

Cela a débuté pendant la guerre de 39/45 et s'est prolongé dans l'immédiat après-guerre, de manière relativement informelle, sur l'ensemble du territoire national. Des enseignants et enseignantes s'interrogent sur le bien-être de leurs élèves, et notamment sur ce qui peut se vivre après les cours et pendant les vacances : des enfants et des adolescents marqués par des images de la guerre, orphelins pour certains, avec des parents blessés pour d'autres, dénutris le plus souvent, et avec des familles bien souvent meurtries et désargentées.
Humanistes, ces enseignants veulent permettre à leurs élèves "de changer un peu le quotidien", de vivre une expérience de vie de groupe, collective, positive et riche. Ils organisent ainsi des centres de vacances, des camps itinérants pour la plupart parfois sur leur région même, puis au fur et à mesure ils élargissent les parcours et les diversifient.

Relativement isolés jusqu'en 1950, les adultes encadrant les séjours se retrouvent dans des stages organisés par les Céméa. Un des premiers stages a lieu à Senlis en 1947.
La mise en place des premières structures associatives, coordonnées par les instances académiques de l'enseignement technique est instituée par arrêté ministériel dès 1952. Chaque AROVET (Associations Régionale des Oeuvres de Vacances de l'Education Nationale) sera présidée par un recteur.

Le Mouvement est en marche.

La nécessité de se fédérer

Au fur et à mesure que les Arovet s'installent sur le territoire, les militants, fervents défenseurs de l'éducation permanente, échangent idées, concepts et pratiques, voyagent, se retrouvent, montent des projets et décident de se constituer en fédération.

25 février 1956, la FOVET, Fédération des Oeuvres de Vacances de l'Enseignement Technique, est créée par les 16 Arovet, dans le but de les représenter, coordonner et faciliter leurs actions.

Le mouvement est lancé et, dès lors, les Arovet, ensemble, continuent leurs actions sur les loisirs et la formation et impulsent de nouveaux projets ambitieux et innovants.

Ainsi, les militants conscients de la nécessité de l'organisation des loisirs des jeunes, du perfectionnement de leur culture en dehors des heures de classe et soucieux de favoriser la communication adultes-jeunes, sont à l'origine d' une nouvelle structure au sein des établissements scolaires: le Foyer Socio-Educatif (FSE).

1961 : Les FSE sont créés par circulaire ministérielle et les Arovet en sont les fédérations pour chaque académie.
(...) Le FSE, sa création juridique et sa mise en place dans l'établissement doivent être un aboutissement et la concrétisation d'une certaine forme de vie de l'adolescent dans la collectivité (...)
Cette même année, "la Charte", texte fondateur, sera rédigée par nos militants de la première heure.

1962 : La FOVET devient la FOEVET, reconnue d'utilité publique.

Les Aroéven, attachées à l'évolution du système scolaire, accroissent leurs actions en dehors de l'enseignement technique, en direction de l'Education nationale dans sa globalité.

En 1964, transformation en Foéven et Aroéven, avec la reconnaissance d'utilité publique étendue en 1967.

En accord avec cette période transitionnelle, les Aroéven entament de nombreuses formations en interne pour développer l'approche psychosociologique, notamment.

1969 : Une première convention est signée avec le Ministère de l'Education Nationale pour former des équipes d'établissements aux phénomènes relationnels.

Le développement des activités

Après les Etats généraux départementaux de l'Education nationale, et les diverses commissions mises en place après 68, les associations participent au débat collectif et agissent. Elles deviennent un véritable partenaire du Ministère de l'Education.

Quelques dates :

En 1973, les Aroéven rédigent "Les Finalités".

Juillet 1974 : loi sur la nouvelle majorité à 18 ans.

1974 : Convention nationale / Formation des équipes éducatives expérimentant le contrôle continu.

1975 : Habilitation nationale pour devenir organisme de formations BAFA et BAFD.

Les activités prennent de l'ampleur, centres de vacances, classes de découverte, acquisitions de centres d'hébergement avec une mise en place de projets pédagogiques, formations BAFA et BAFD, formations nationales démultipliées en académie, enquêtes, etc. De nombreuses journées d'études se tiennent et s'organisent autour des recherches-actions entreprises.
La Foéven met en place des journées annuelles d'études, et de reflexion.

1982 : Accompagnement et formation des équipes ressources académiques chargées de l'opération "jeunes en difficulté dans les lycées professionnels"

1985 : Université d'été" et actions de formations académiques sur l'alternance et les relations école-entreprise.

1987 : La Foéven organise un festival de vidéo-clips présentant les réalisations de plus de 150 établissements en contact avec les Aroéven pour le centenaire de l'enseignement technique.

1989 : Année du bicentenaire de la révolution française.

La Foéven édite "Monsieur le Président que pouvez vous faire ?" pour la défense des Droits de l'Homme et du Citoyen dans le monde, recueil de messages d'adolescents, collégiens et lycéens en direction des chefs d'Etat. Un travail d'envergure, remis en main propre au Président François Miterrand à l'Elysée.

Vers une évolution des structures

1991 : Participation de la Foéven à la formation ministérielle des formateurs des délégués des élèves.

1992 : La circulaire n° 91.075 du 2 avril 1991 crée la maison des lycéens. Elle leur reconnaît officiellement une capacité de dialogue et d'autonomie au sein de l'établissement : désormais les lycéens pourront se réunir en association dans le lycée, association qui sera baptisée "la Maison des Lycéens".
Elle constitue un espace authentique de l'identité lycéenne. Sa création, son fonctionnement et ses activités relèvent totalement de la responsabilité de chaque lycéen volontaire. Elle apparaît comme un enjeu éducatif : elle permet des contacts privilégiés entre les lycéens et l'ensemble de la communauté éducative (enseignants, administration ...). C'est un lieu de vie culturelle et sociale qui favorise l'apprentissage de la citoyenneté.
Le Foéven écrit des statuts type pour cette association et anime une session nationale pour aider à la mise en place de ces structures.

1994 : Partenariat avec le Haut Comité Education - Economie.
C'est l'époque du challenge jeune-avenir-emploi avec une implication forte de notre mouvement pour valoriser les initiatives des établissements scolaires vers l'insertion professionnelle des jeunes.

En parallèle, c'est une époque où s'amorce la baisse de la fréquentation des centres de vacances, Les questions se posent face à la crise économique ambiante.
Une période où également, les Aroéven s'investissent en région mais aussi au national dans les réseaux européens et internationaux, pour développer des actions, des contacts et des recherches-actions.

1997 : Etude sur l'aménagement des rythmes de vie des jeunes, en partenariat avec le Ministère de la Jeunesse et des Sports.

1999 : Mise en place d'un dispositif d'organisation de formations BAFA en lycée.

Des difficultés et de la force

En ce début de XXIe siècle se profilent différentes problématiques : un contexte socio-économique qui ne présente guère d'embellie, des situations dans l'école qui se complexifient, des rapports avec l'Etat qui parfois se cristallisent ...

2000 : La Foéven est mandatée par le Ministère pour la mise en place d'un dispositif pilote d'aide à la détermination d'un projet professionnel pour les aides-éducateurs en fin de contrat.

2001 : Lors de son congrès, la Foéven célèbre le Centenaire de la Loi 1901.

2002 : Réécriture du projet éducatif des centres de vacances Foéven.

Université d'été " Apprentissage et pratiques de la citoyenneté au quotidien dans la classe et dans l'établissement, en Europe."
Au travers des intermouvements, tel la Jeunesse au Plein Air, nous militons au quotidien pour le départ de tous les jeunes, sans distinction aucune.
Face aux mesures ministérielles diverses, et notamment de restrictions, les associations ont du mal à trouver leur souffle et parfois leur équilibre face à l'étendue des chantiers et aux moyens mis à leur disposition.

2006 : Lancement d'une recherche action de trois ans soutenue par la Commission Européenne : "Eduquer par la diversité en Europe, à quelles conditions la diversité des jeunes accueillis dans les institutions de l'éducation formelle et informelle constitue-t-elle un atout éducatif ?" En partenariat avec 10 pays partenaires et un laboratoire de recherche de Paris X Nanterre, ce travail a permis de mettre en avant des pistes de travail pour les formateurs, des outils, des pratiques ... qui vont nous amener naturellement vers d'autres investigations.

2008 : Les Assocations éducatives complémentaires de l'Ecole en "danger de mort" se rassemblent après l'annonce des nouvelles modalités de distribution des aides accordées par le Ministère de l'Education Nationale.
Année de congrès pour la Fédération qui a établi un projet de développement sur trois ans.

Congrès de la Fédération juin 2011. Quelle place, quel rôle pour nos associations d'éducation dans la société de demain ?